Le Cercle Ernest Renan reçoit le professeur Jacques-Olivier Boudon

le jeudi 10 mars 2022 de 18 h à 20 h

sur le thème :

” Napoléon et les cultes ”

par le professeur Jacques Olivier Boudon

En signant en 1801 un concordat avec le pape, Napoléon Bonaparte met fin à dix années de crise consécutive à la Révolution française. Mais il ne rétablit pas l’Eglise catholique dans le statut qui était le sien en France en 1789. Les maîtres mots de la reconstruction concordataire sont en effet liberté religieuse et égalité des cultes. Pourtant le chef de l’Etat entretient avec la religion un rapport ambigu : fort détaché des pratiques, ce disciple de Rousseau croit néanmoins en son utilité pour assurer la paix civile (c’est pour cela qu’il encadre tout aussi étroitement le protestantisme et le judaïsme). D’un côté il craint de voir renaître un Etat dans l’Etat et surveille attentivement le développement de l’Eglise ; de l’autre, il en a besoin pour asseoir son régime, comme le montre bien l’exemple du sacre en 1804 qui conduit à la mise en place d’une véritable monarchie chrétienne. Le régime se montre favorable aux Eglises qui connaissent, au moins dans les premières années, un renouveau indéniable. Mais la seconde partie du règne, après 1808, est marquée par un grave conflit entre le Sacerdoce et l’Empire, qui conduit à l’enlèvement et à la captivité de Pie VII. Cette crise provoque un ébranlement profond dans certaines régions catholiques, notamment dans les départements réunis (Belgique) mais aussi en Italie, où l’hostilité à Napoléon naît en partie de cette crise, sans parler de l’Espagne où la résistance catholique est une des clefs de l’échec des Français.
L’intérêt d’étudier la politique religieuse de Napoléon tient aussi à ce qu’elle a servi de modèle à une grande partie des Etats passés sous la domination française entre 1800 et 1815. Au-delà de la France, c’est donc à un tableau de l’ensemble de l’Europe religieuse qu’invite cette synthèse. Sans négliger les questions classiques concernant les relations entre Eglise et Etat, ici revues à nouveaux frais, elle fait la synthèse des travaux les plus récents sur les pratiques et le renouveau de la vie religieuse, sur l’attitude des clergés ou la vie des ordres religieux, sur le rôle des associations secrètes dans la résistance à Napoléon, sur la place des Eglises dans le débat intellectuel et l’éducation. Les traces de la politique impériale en ce domaine sont nombreuses dans l’Europe du XIXe siècle, en particulier en France. La plus durable est sans doute l’idée de construire un Etat sur le pluralisme religieux. En cela Napoléon est l’un des précurseurs de l’idée laïque.

Jacques-Olivier Boudon, agrégé d’histoire, est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Rouen et président de l’Institut Napoléon. Il a notamment publié L’Episcopat français à l’époque concordataire 1802-1905 (Le Cerf, 1996), Histoire du Consulat et de l’Empire (Perrin, 2000), Paris, capitale religieuse sous le Second Empire (Le Cerf, 2001), et Les Elites religieuses à l’époque napoléonienne. Dictionnaire des évêques et vicaires généraux sous le Premier Empire (Nouveau Monde Editions/Fondation Napoléon, 2002).

Les personnes intéressées et n’étant pas adhérentes du Cercle sont priées d’envoyer un courriel à l’adresse suivante : Cercle Ernest Renan [ernest.renan91@gmail.com]

Le CER reçoit Eric Saunier, historien, directeur de l’IDERM

Le Cercle Ernest Renan reçoit en visioconférence jeudi 27 janvier 2022 à 18h

Monsieur Eric Saunier

qui traitera le thème :

La franc maçonnerie et le catholicisme :

des Lumières au début de la IIIe république (1725-1877) ”  

Éric Saunier a soutenu sa thèse sur la sociabilité maçonnique à l’université de Rouen sous la direction du professeur Claude Mazauric en 1995, puis dirigé la publication de L’Encyclopédie de la Franc-maçonnerie (Paris, Hachette, 3e éd. 2008).

Ensuite il réoriente ses travaux vers l’étude des villes portuaires maritimes. Inscrivant ces travaux dans le cadre de réflexion des « Atlantic studies », ces derniers montrent l’originalité des sociétés portuaires situées sur le littoral de la Manche], d’une part à partir de l’étude de l’impact des relations coloniales, et plus particulièrement de la traite des noirs, d’autre part à travers la confrontation entre les écrits destinés à diffusion dans l’espace public et des écrits du for privé.

Membre élu de la 22e section du Conseil national des universités (CNU) depuis 2012, il est le rédacteur en chef de la Revue du philanthrope (PURH), membre des comités éditoriaux des revues Annales de NormandieRevista de Estudios Historica de la Masoneria Latinoamericana y caribenaJournal of Research of Fraternity and Freemasonry, et membre du secrétariat de rédaction des Annales historiques de la Révolution. Il est également directeur du centre du Havre de l’Espé de Rouen  En 2017, il est directeur de l’Institut d’études et de recherches maçonniques, organisme créé par le Grand Orient de France.

Toute personne intéressée et non membre du Cercle est priée d’envoyer un courriel à :

Cercle Ernest Renan [ernest.renan91@gmail.com]

Le Cercle Ernest Renan reçoit Christophe Grellard

La prochaine conférence du Cercle Renan aura lieu en présentiel dans un café parisien

le jeudi 13 janvier 2022 de 18 h à 20 h 00  sur le thème :

” Peut-on se passer de croyances ? ”

par Christophe Grellard, historien

si cette conférence vous intéresse merci de prendre contact en envoyant un courriel à : Cercle Ernest Renan [ernest.renan91@gmail.com]

 

Vœux 2022

Chers toutes et tous,

Durant l’année qui s’est achevée, nous avons montré que nous avions su nous adapter et rester unis face aux difficultés liées à la crise sanitaire, et que notre détermination pour maintenir à flots le Cercle Ernest Renan était inébranlable. Désormais nos conférences sont systématiquement retransmises en visio pour nos adhérents de province et nos intervenants ont le choix entre pure visio et formule hybride présentiel/visio.

L’année 2022 qui débute est une année riche d’enjeux pour le CER.

Alors que nos intervenants sont d’un haut niveau intellectuel, que nous diversifions  la palette de nos centres d’intérêt (laïcité, ésotérismes, questions philosophiques…) tout en restant fidèles à notre ligne de conduite, à savoir l’étude critique  des religions dans l’esprit d’Ernest Renan, nous devons nous renforcer en attirant de nouveaux membres. L’effort portera donc sur la communication afin de faire connaître notre Cercle ce qui est l’affaire de chacun.

Le deuxième enjeu consiste à tenter de répondre aux questionnements de  notre société sur la tradition et son devenir dans un monde en disruption, bouleversé par les nouvelles technologies et en pertes de repères spirituels et religieux. Un monde où les Eglises instituées semblent perdre pied faute de savoir reconnaître leurs torts et de savoir évoluer. Un mouvement de retour aux sources spirituelles est engagé, soyons y attentifs et vigilants !

Sapere aude !

Bonne et heureuse année à toutes et à tous.

Pierre Boutry et Jean-Pierre Castel

Le Cercle Ernest Renan reçoit Roberte Hamayon

jeudi 16 décembre 2021 à 18h

le CER reçoit Roberte Hamayon anthropologue, professeur émérite

sur le thème : “qu’est ce que croire ?

Roberte Hamayon (née en 1939 à Paris) est une anthropologue française, Directeur d’études émérite à l’École pratique des hautes études (EPHE), dans la section Sciences religieuses (Religions de l’Asie septentrionale), et ancienne directrice du Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative (université Paris X-Nanterre).

Ses recherches portent entre autres, sur le modèle chamanique, substrat religieux traditionnel des peuples autochtones de Sibérie et de Mongolie. Après un premier séjour en Mongolie en 1967 puis dans la République de Bouriatie en Sibérie orientale en 19671, elle participe à la création du Centre d’études mongoles et sibériennes en 1969, qu’elle dirige jusqu’en 2007.