Jeudi 9 janvier 2020 Olivier Le Cour Grandmaison nous parlera d’Ernest Renan et l’Islam

“Ernest Renan et l’Islam :
Impact d’Ernest Renan sur son époque et la nôtre”

Comme habituellement de 17 h 30 à 19 h30 au 1er étage du P’tit Bistrot, 6-8 rue Saint-Martin, Paris 4arr., métro : Hôtel de Ville.

Conditions de participation : 7 euros de consommation

+ Droit d’entrée à la conférence : 10 euros ; gratuit pour les membres du Cercle Renan.

Possibilité d’un dîner convivial sur place.

à l’occasion de la sortie de son livre :
« Ennemis mortels »
Représentations de l’islam et politiques musulmanes en France à l’époque coloniale

Pour mieux comprendre la place singulière de l’islam aujourd’hui en France, cet ouvrage étudie les représentations de cette religion et des musulmans élaborées de la fin du XIXe siècle jusqu’à la guerre d’Algérie par les élites académiques, scientifiques, littéraires et politiques.
S’appuyant sur des sources diverses, parfois ignorées ou négligées, Olivier Le Cour Grandmaison analyse la façon dont ces élites ont, pendant des décennies, conçu et diffusé un portrait pour le moins sombre des colonisés musulmans. Pendant qu’Ernest Renan, par exemple, soutient que l’islam « n’a été que nuisible », Guy de Maupassant se passionne pour la sexualité prétendument débridée et « contre nature » de ses adeptes.
Conçues par des personnalités souvent célèbres, diffusées par des institutions prestigieuses, ces représentations sont rapidement incluses dans de multiples ouvrages de vulgarisation. Jugé rétif au progrès, le « musulman » est décrit comme un danger protéiforme et existentiel qui menace les bonnes mœurs, la sécurité sanitaire, celle des biens et des personnes, l’avenir de la nation et de la civilisation occidentale.
Ces représentations éclairent également les « politiques musulmanes » mises en œuvre par la France. Enfin, comme le montre l’auteur, ce passé affecte toujours notre présent et alimente les obsessions islamophobes de beaucoup de nos contemporains.

Jeudi 12 décembre 2019 Pascale Fautrier nous parle d’Hildegard von Bingen, une femme savante du Moyen-Age

Pascale Fautrier
Hildegarde de Bingen

note de présentation du livre
Une légende contemporaine veut que Hildegarde de Bingen, la célèbre bénédictine qui composa des chants liturgiques, inventa une langue, s’intéressa à la médecine et fut, dit-on, la première naturaliste d’Allemagne, soit née dans un modeste village de Rhénanie-Palatinat.
Reprenant la thèse du professeur Franz Staab, abandonnée à la mort de ce dernier, et affirmant que Hildegarde de Bingen serait née en réalité dans la forteresse Böckelheim, domaine royal occupant une place centrale dans l’histoire germanique, Pascale Fautrier, dont les travaux universitaires portent sur les résonances entre vie intime, politique et religion, opère un véritable renversement qui conduit à une lecture entièrement nouvelle de la sainte et de son œuvre. Tournant résolument le dos à l’hagiographie, elle replace la théologienne dans son contexte historique et intellectuel – celui du temps long de l’histoire allemande et européenne.
Ce texte remarquable, fruit de plusieurs années de recherches, fait d’Hildegarde de Bingen, élevée par Benoît XVI à la dignité de Docteure de l’Eglise, non plus le chantre d’une néo-spiritualité acculturée, favorisant toutes les confusions, mais l’étendard d’un nouveau syncrétisme savant.