le Cercle Ernest Renan reçoit Bernard Rio

En visio-conférence jeudi 20 mai à 17h30  sur le thème :

“les substrats mythologiques et les dévotions populaires »

Substrats mythologiques et dévotions populaires

Les dévotions populaires ne peuvent être appréhendées en les coupant de leur matrice géographique, d’un calendrier et d’une mémoire. Il serait aussi hasardeux de distinguer les rites religieux sacrée d’un temps fondateur. Si l’art roman ne peut être dissocié des croisades et dela geste courtoise, il en va de même pour les « pardons bretons » qui s’inscrivent à la fois dans une protohistoire celtique et dans une histoire qui vit les Bretons insulaires affluer en Bretagne armoricaine, entre le IVe et le VIIIe siècle.

L’allumage d’un bucher, les ablutions aux fontaines, la triple circumambulation autour du sanctuaire, le salut des bannières illustrent par exemple la consécration du lieu par les quatre élémentaires : le feu, l’eau, la terre et l’air. Le sens dextrogyre de cette procession est connu dans les récits mythologiques irlandais. Le culte des saints et des reliques illustrent également une permanence cultuelle dans les lieux et dans les rituels. Tel est le cas de saint Taran, protecteur de la foudre et avatar du dieu gaulois Taranis, de saint Yves de Vérité, continuateur du dieu Ogmios, ou de saint Diboan surnommé en breton Tu-Pe-Tu, littéralement « d’un côté ou de l’autre », qui reprend les qualités et qualifications du dieu Sucellos dans l’invocation « à la vie, à la mort ». Ce qui est avéré pour les saints primitifs de Bretagne l’est également pour sainte Catherine, sainte Barbe, saint Eloi ou saint Sébastien dont la légende dorée puise aux sources de la mythologie.

Il importe de distinguer la religion de l’église, la dévotion populaire du dogme. « Certains souvenirs ont pu atteindre notre temps par la tradition orale parce qu’ils étaient gravés au fond du cœur » écrivait Fortunat au VIe siècle (Fortunat, Vita sanctiMarcelli, 8-9, Monumenta Germaniae Historica, Auctoresantiqiuissimi. IV, 2, P 50).

Ces croyances populaires participent d’un continuum religieux qu’il serait vain de nier : la chapelle Saint-Michel à Carnac domine un grand cairn mégalithique, la chapelle des Sept-Saints à Vieux-Marché est bâtie sur un dolmen qui sert de crypte, l’autel de la chapelle Saint-Maurice à Saint-Guyomard est érigé au-dessus d’un dolmen dont la pierre ressort du chevet et où les fidèles viennent soigner leurs maux de dos, etc. La multitude de dédicaces mariales des sanctuaires en Bretagne et en France est révélatrice d’un infléchissement du christianisme primitif, de son adaptation au fil du temps et de l’assimilation du culte des matres gauloises.

Les croyances populaires doivent ainsi être pensées comme un ensemble cohérent où rien n’est coïncidence, où tout est correspondance.

Bernard Rio

Bibliographie sommaire

« Le cul bénit, amour sacré et passions profanes », éditions Coop Breizh, 2013 (4e édition mise à jour 2019)

« Voyage dans l’au-delà, les Bretons et la mort », éditions Ouest-France, 2013

« Le livre des saints bretons », éditions Ouest-France, 2016

« Sur les chemins des pardons et pèlerinages de Bretagne », éditions Ouest-France, 2019

« 1200 lieux de légende en Bretagne », éditions Coop Breizh, 2019

« Marcher », éditions Muséo 2021.

Bernard Rio est également l’auteur de quatre romans :  « Un dieu sauvage » éditions Coop Breizh (2020), « Les masques irlandais » éditions Balland (2018), « Le voiyage de Mortulmer » éditions Balland (2017) et « Vagabond de la belle étoile » L’Age d’Homme (2005)

http://bernardrio.hautetfort.com

le Cercle Ernest Renan reçoit Sophie Wahnich

Notre prochaine visioconférence aura lieu le mardi 4 mai 2021 à 17 h 30 avec pour thème :   « Le culte de la Raison et le culte de l’Etre suprême sous la Révolution française »  par Sophie Wahnich

Sophie Wahnich est une historienne française. Elle est directrice de recherche au CNRS et spécialiste de la Révolution française. Agrégée (1988)1 et docteur en histoire (1994)2, habilitée à diriger des recherches (20073), elle est directrice de recherche au CNRS directrice de l’Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain (IIAC) 4. Son travail porte sur la Révolution française5 et le temps présent6. Sa thèse avait pour sujet la notion d’étranger dans le discours de la Révolution française, son HDR s’intitulait, Histoire des émotions et présents de l’histoire, une approche politique et anthropologique du sensible en politique.

Vérité du christianisme ?

Notre prochaine vidéoconférence aura lieu le jeudi 15 avril 2021 à 17 h 30

avec pour thème :

 « La mal nommée vérité du christianisme : d’emeth à alètheia »

par Jean-Pierre Castel

les personnes non-membres du cercle et désirant assister à cette visio-conférence sont priées de bien vouloir envoyer un courriel à : Cercle Ernest Renan [ernest.renan91@gmail.com]